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Comment fonctionne la grille AGGIR ? Comment sont déterminés les GIR ? À quoi sert le GMP ? Découvrez les principes de l’évaluation de l’autonomie des personnes âgées en EHPAD.
Lorsqu’on évoque l’évaluation de la dépendance en EHPAD, deux acronymes reviennent systématiquement : AGGIR et PATHOS.
Pourtant, il n’est pas rare que ces deux référentiels soient confondus, y compris par des professionnels récemment arrivés dans le secteur. Certains pensent par exemple que la grille AGGIR mesure les besoins en soins, tandis que d’autres assimilent le GIR à un indicateur médical.
En réalité, la grille AGGIR poursuit un objectif bien précis : évaluer le niveau d’autonomie d’une personne âgée dans les actes essentiels de la vie quotidienne.
Cette évaluation constitue une étape essentielle pour caractériser le profil des résidents accueillis au sein d’un établissement, calculer le GIR Moyen Pondéré (GMP) et contribuer à l’allocation des moyens dédiés à la prise en charge de la dépendance.
📘 Dans ce Dossier Expert, nous vous proposons de comprendre le fonctionnement de la grille AGGIR, la manière dont sont déterminés les GIR et le rôle du GMP dans les EHPAD.
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est le référentiel national utilisé pour évaluer le degré de perte d’autonomie des personnes âgées.
Créée afin d’harmoniser les évaluations sur l’ensemble du territoire, elle permet de classer chaque personne dans l’un des six Groupes Iso-Ressources (GIR), allant du GIR 1, correspondant aux situations de dépendance les plus importantes, au GIR 6, qui concerne les personnes autonomes pour les actes essentiels de la vie quotidienne.
Contrairement à une idée reçue, cette grille ne mesure ni la gravité des pathologies, ni les besoins en soins médicaux.
Elle cherche uniquement à répondre à une question :
Cette distinction est fondamentale, car elle permet de comprendre pourquoi AGGIR et PATHOS sont deux référentiels complémentaires et non concurrents.
La grille AGGIR repose sur l’évaluation de 17 variables, réparties en deux catégories : 10 variables discriminantes et 7 variables illustratives.
Les variables discriminantes permettent de déterminer le Groupe Iso-Ressources (GIR) de la personne, tandis que les variables illustratives apportent des informations complémentaires sur son autonomie dans la vie quotidienne.
Les 10 variables discriminantes servent directement au calcul du GIR.
Elles évaluent la capacité de la personne à accomplir seule les principaux actes essentiels de la vie quotidienne :
Pour chacune de ces variables, le professionnel apprécie la capacité de la personne à réaliser l’action selon quatre critères fondamentaux.
Chaque activité est évaluée selon qu’elle est réalisée :
Ces quatre critères permettent de garantir une évaluation homogène sur l’ensemble du territoire et d’assurer une classification cohérente des résidents.

La grille AGGIR comprend également 7 variables illustratives.
Contrairement aux variables discriminantes, elles n’interviennent pas dans le calcul du GIR. Elles permettent toutefois de mieux appréhender l’autonomie de la personne dans son environnement quotidien.
Elles concernent :
Ces informations constituent un complément précieux pour les professionnels. Elles contribuent à une meilleure compréhension des besoins d’accompagnement de la personne âgée, même si elles ne modifient pas son classement en GIR.
Parce qu’ils sont souvent évoqués ensemble, AGGIR et PATHOS sont parfois confondus.
Pourtant, ils répondent à deux objectifs très différents.
| Grille AGGIR | Référentiel PATHOS |
|---|---|
| Évalue le niveau d’autonomie | Évalue les besoins en soins médico-techniques |
| Classe les résidents en GIR | Évalue les profils de soins |
| Permet le calcul du GMP | Permet le calcul du PMP |
Autrement dit :
Les deux référentiels sont complémentaires et permettent, ensemble, de mieux décrire le profil des résidents accueillis dans un EHPAD.
Pour approfondir cette thématique, plusieurs dossiers viendront prochainement compléter cet article :
L’attribution d’un GIR ne repose pas sur une appréciation subjective.
Elle résulte d’une méthode nationale standardisée, identique pour tous les établissements.
À partir de l’évaluation des variables discriminantes, un algorithme classe automatiquement la personne dans l’un des six Groupes Iso-Ressources.
Chaque GIR correspond à un niveau de perte d’autonomie :
Cette classification permet ensuite d’établir le profil global de dépendance d’un établissement grâce au calcul du GMP.
Le GIR Moyen Pondéré (GMP) est un indicateur qui reflète le niveau moyen de perte d’autonomie des résidents accueillis dans un EHPAD.
Contrairement à une idée reçue, il ne correspond pas à la moyenne des GIR des résidents.
Le calcul du GMP repose sur une méthode nationale qui attribue un coefficient à chacun des six GIR. Plus les résidents présentent une perte d’autonomie importante, plus le GMP de l’établissement est élevé.
Le GMP offre ainsi une vision globale du niveau de dépendance de la population accueillie. Il ne décrit pas la situation d’un résident en particulier, mais constitue un indicateur collectif utilisé pour caractériser l’établissement.
Il est calculé à partir de l’ensemble des évaluations AGGIR réalisées auprès des résidents.
Le GMP reflète le niveau moyen de dépendance des résidents accueillis dans un établissement et permet de caractériser le profil global de la population accompagnée.
Le GMP n’est pas uniquement un indicateur statistique.
Il joue un rôle essentiel dans le fonctionnement des EHPAD.
Il permet notamment :
Suivi régulièrement, le GMP permet également aux établissements de mieux comprendre les évolutions de leur population accueillie et d’adapter leur organisation lorsque cela est nécessaire.
Il est généralement interprété conjointement avec le PMP (Pathos Moyen Pondéré), qui mesure, quant à lui, les besoins en soins médico-techniques.
Le niveau d’autonomie d’un résident n’est jamais figé.
Avec le temps, son état de santé, ses capacités physiques ou cognitives et son besoin d’accompagnement peuvent évoluer.
Une mise à jour régulière des évaluations AGGIR permet donc de disposer d’une photographie fidèle du niveau de dépendance des résidents.
Au-delà des aspects réglementaires, cette actualisation contribue à :
💡 Bon à savoir
C’est pourquoi de nombreux établissements privilégient aujourd’hui une démarche de mise à jour continue plutôt qu’une révision réalisée uniquement à l’approche d’une échéance.
Certaines idées reçues persistent autour de la grille AGGIR. Voici les principales.
| 💬 Idée reçue | ✅ La réalité |
|---|---|
| Le GIR dépend uniquement de l’âge de la personne. | ❌ Non. Il est déterminé à partir de ses capacités à réaliser les actes essentiels de la vie quotidienne. |
| AGGIR mesure les besoins en soins. | ❌ Non. AGGIR évalue l’autonomie. Les besoins en soins sont évalués par le référentiel PATHOS. |
| Le GMP correspond à la moyenne des GIR des résidents. | ❌ Non. Le GMP est obtenu selon une méthode nationale de pondération. |
| Une évaluation AGGIR n’a d’intérêt que lors des campagnes officielles. | ❌ Non. Une mise à jour régulière permet de disposer d’une évaluation fidèle de la situation des résidents. |
Si vous ne deviez retenir que quelques points :
La grille AGGIR constitue aujourd’hui le référentiel de référence pour évaluer la perte d’autonomie des personnes âgées accueillies en EHPAD.
Bien comprise et régulièrement actualisée, elle permet non seulement d’attribuer un GIR à chaque résident, mais également de produire un indicateur collectif essentiel : le GIR Moyen Pondéré (GMP).
Associé au PMP, le GMP contribue à offrir une vision globale du profil des résidents et constitue un repère précieux pour les établissements comme pour les autorités de tarification.
Au-delà des indicateurs, la qualité des évaluations AGGIR repose avant tout sur une observation rigoureuse, partagée par l’ensemble des professionnels accompagnant les résidents au quotidien.
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