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Chaque année, les médecins coordonnateurs, les IDEC et les directeurs d’EHPAD se posent la même question :
Une coupe PATHOS doit-elle être réalisée tous les ans ? Tous les cinq ans ?
En effectuant une recherche sur Internet, les réponses sont souvent contradictoires. Certains sites évoquent une périodicité quinquennale, d’autres parlent d’une actualisation annuelle, tandis que certaines publications s’appuient encore sur des règles qui ne sont plus d’actualité.
Cette confusion est compréhensible.
Le cadre réglementaire a évolué au fil des années avec la disparition progressive des conventions tripartites au profit des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM). Pourtant, de nombreux contenus publiés avant cette évolution restent encore accessibles et entretiennent l’idée qu’une coupe PATHOS devrait obligatoirement être réalisée tous les cinq ans.
Avant de répondre précisément à cette question, il est indispensable de comprendre ce qu’est la coupe PATHOS, comment elle est calculée et quel est son rôle dans l’évaluation des besoins en soins des résidents.
La coupe PATHOS est une évaluation nationale qui permet de mesurer les besoins en soins médicaux et techniques des résidents accueillis en EHPAD.
Contrairement à une idée reçue, elle n’évalue pas le niveau de dépendance des personnes âgées.
Cette mission est assurée par la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources), qui permet de déterminer le niveau d’autonomie des résidents et de calculer le GMP (GIR Moyen Pondéré) de l’établissement.
Le référentiel PATHOS poursuit un objectif différent.
Il analyse les pathologies des résidents ainsi que les soins qu’elles nécessitent afin d’estimer la charge en soins médico-techniques de l’établissement.
Pour chaque résident, le médecin coordonnateur identifie les états pathologiques présents ainsi que les profils de soins correspondants selon la nomenclature PATHOS.
L’ensemble de ces codages permet ensuite de calculer le PMP (Pathos Moyen Pondéré).
Le PMP constitue un indicateur majeur puisqu’il reflète les besoins en ressources médicales et soignantes de l’établissement. Il contribue à l’évaluation des moyens nécessaires à la prise en charge des résidents.
Même s’ils sont souvent associés, AGGIR et PATHOS répondent à deux objectifs différents.
| AGGIR | PATHOS |
| Évalue la perte d’autonomie | Évalue les besoins en soins médicaux et techniques |
| Permet de calculer le GMP | Permet de calculer le PMP |
| Mesure la dépendance des résidents | Mesure la charge en soins médico-techniques |
Ces deux référentiels sont complémentaires et permettent d’apprécier les besoins des résidents sous deux angles différents : leur niveau d’autonomie et leurs besoins en soins.
La question de la fréquence des coupes PATHOS est probablement l’une des plus fréquentes chez les médecins coordonnateurs, les IDEC et les directeurs d’EHPAD.
La réponse est pourtant plus simple qu’il n’y paraît.
À ce jour, aucun texte réglementaire n’impose aux EHPAD de réaliser une coupe PATHOS chaque année ou tous les cinq ans.
Cette réponse surprend souvent, tant l’idée d’une périodicité quinquennale reste largement répandue.
Pour comprendre cette évolution, il est nécessaire de revenir sur l’historique de la réglementation.
Pendant de nombreuses années, les EHPAD fonctionnaient dans le cadre des conventions tripartites.
Ces conventions, conclues entre l’établissement, l’État et le Conseil départemental, étaient généralement renouvelées tous les cinq ans.
À cette occasion, une validation des évaluations AGGIR et PATHOS était fréquemment réalisée afin d’actualiser les indicateurs de dépendance (GMP) et de soins (PMP).
Progressivement, cette pratique a conduit à une idée largement répandue :
En réalité, cette périodicité était principalement liée au fonctionnement des conventions tripartites.
Depuis la généralisation des CPOM, cette organisation a évolué.
Les campagnes de validation sont désormais programmées par les Agences Régionales de Santé (ARS), en lien avec les Conseils départementaux, selon un calendrier qui leur est propre.
Autrement dit, ce n’est plus une échéance fixe qui déclenche la validation, mais la programmation définie par les autorités compétentes.
Si autant d’informations contradictoires circulent encore aujourd’hui sur Internet, c’est parce que de nombreux articles publiés à l’époque des conventions tripartites sont toujours référencés par les moteurs de recherche.
Ces contenus évoquent une périodicité de cinq ans qui correspondait à un fonctionnement aujourd’hui révolu.
Avant de vous appuyer sur une information réglementaire, il est donc important de vérifier sa date de publication et de la replacer dans son contexte.
Les évolutions successives du fonctionnement des EHPAD expliquent en grande partie cette confusion.
Pourquoi préparer sa coupe PATHOS tout au long de l’année ?
Si la réglementation ne fixe plus de périodicité nationale pour la réalisation d’une coupe PATHOS, une bonne pratique fait aujourd’hui largement consensus : ne pas attendre l’annonce d’une campagne de validation pour préparer les dossiers des résidents.
Le référentiel PATHOS repose sur une évaluation fidèle des besoins en soins médico-techniques. Cette évaluation est d’autant plus pertinente qu’elle s’appuie sur des informations complètes, actualisées et correctement tracées dans le dossier résident.
À l’inverse, une préparation réalisée dans l’urgence conduit souvent à rechercher des informations dispersées, à reconstituer des situations anciennes ou à mobiliser fortement les équipes pendant plusieurs semaines.
Maintenir les codages PATHOS à jour, documenter les évolutions cliniques et assurer une traçabilité régulière constituent donc des bonnes pratiques qui bénéficient autant à la préparation des campagnes de validation qu’à la qualité globale du suivi des résidents.
C’est d’ailleurs l’une des principales évolutions observées ces dernières années : la coupe PATHOS n’est plus considérée comme un exercice ponctuel, mais comme l’aboutissement d’un travail de fond réalisé tout au long de l’année.
Certaines idées reçues continuent d’alimenter la confusion autour de la coupe PATHOS. Voici les principales.
| Idée reçue | La réalité |
| Une coupe PATHOS est obligatoire tous les cinq ans. | ❌ Non. Il n’existe plus de périodicité nationale imposée. |
| Une coupe PATHOS doit être réalisée chaque année. | ❌ Non. Les campagnes de validation sont organisées par les ARS selon leur propre calendrier. |
| Le médecin coordonnateur prépare seul la coupe PATHOS. | ❌ Non. La qualité du codage dépend également de la traçabilité assurée par l’ensemble des professionnels de l’établissement. |
| Il suffit de préparer les dossiers quelques semaines avant la validation. | ❌ Non. Une actualisation régulière des informations constitue aujourd’hui la meilleure pratique. |
Si vous ne deviez retenir que quelques points, les voici :
Une coupe PATHOS est-elle obligatoire tous les cinq ans ?
Non. Cette idée provient du fonctionnement des anciennes conventions tripartites. Aujourd’hui, aucune périodicité nationale n’est imposée.
Une coupe PATHOS doit-elle être réalisée chaque année ?
Non. Les campagnes de validation sont organisées par les ARS selon leur propre programmation.
Quelle est la différence entre AGGIR et PATHOS ?
La grille AGGIR mesure le niveau de perte d’autonomie des résidents et permet de calculer le GMP. Le référentiel PATHOS évalue leurs besoins en soins médico-techniques et permet de calculer le PMP.
Qui réalise le codage PATHOS ?
Le codage est réalisé par le médecin coordonnateur, mais il s’appuie sur l’ensemble des informations renseignées dans le dossier résident par les professionnels intervenant auprès de la personne âgée.
Pourquoi est-il conseillé de préparer la coupe PATHOS tout au long de l’année ?
Parce qu’une actualisation régulière des informations facilite les campagnes de validation, limite les recherches de dernière minute et améliore la qualité des données disponibles.
La question de la fréquence des coupes PATHOS illustre parfaitement l’importance de disposer d’une information réglementaire à jour.
Si la périodicité de cinq ans reste encore largement évoquée, elle ne correspond plus au fonctionnement actuel des EHPAD.
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de préparer une coupe PATHOS à une échéance fixe, mais de garantir, tout au long de l’année, une évaluation fidèle des besoins en soins des résidents grâce à des informations régulièrement mises à jour.
Cette démarche bénéficie autant aux professionnels qu’aux résidents et contribue à une meilleure connaissance des besoins réels de l’établissement.
Pour aller plus loin
Vous souhaitez désormais passer de la théorie à la pratique ?
Découvrez notre guide publié sur le site Malta :
Comment préparer efficacement sa prochaine coupe PATHOS avec TITANLINK ?
Vous y retrouverez des conseils d’organisation, les bonnes pratiques mises en œuvre dans les établissements ainsi que les outils permettant de faciliter la préparation d’une campagne PATHOS.
Ce premier Dossier Expert consacré à la coupe PATHOS sera prochainement complété par de nouveaux contenus pour approfondir les thématiques associées :
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